lundi 1 juin 2020

Mark Prent (partie 2) : Des sculptures provocantes, bizarres et grotesques...



Les sculptures figuratives de Mark Prent mettent en relief toute la cruauté et l'horreur que la vie engendre. Souvent décrites comme dérangeantes et brutales, les œuvres du sculpteur ayant vu une bonne partie de sa famille être décimée dans les camps de concentration durant la guerre amènent une piste de réflexion sur le sujet de la justice sociale.
Les origines de l'artiste
Mark Prent est né à Lodz, Pologne en 1947. Il est reconnu pour ses sculptures provocantes, bizarres et grotesques. Ses œuvres ont toujours attiré l'attention malgré les difficultés que l'artiste a rencontré à une certaine époque de sa carrière pour exposer son travail.
Mark Prent a émigré au Québec avec ses parents l'année suivant la fin de la guerre. 


 Des objets dérangeants à la Isaacs Gallery de Toronto

En 1972, puis une seconde fois en 1974, la police a tenté sans succès de faire fermer les expositions de Mark Prent à la Isaacs Gallery de Toronto. Le promoteur de l'exposition, Avrom Isaacs, s'est alors vu accusé d'avoir exposé au regard du public des objets dérangeants sous la juridiction d'une obscure loi du 19ème siècle, visant à faire fermer les freaks shows. Une histoire qui aura surtout valu à l'artiste un important coup de publicité. 

Quand il a gradué de l'université, Mark Prent s'est retrouvé sans studio et sans aucun endroit pour créer. Son enseignant du cours de sculpture, John Ivor Smith, lui a alors proposé d'utiliser le studio de l'école durant la nuit.
En 1971, l'artiste a reçu sa première bourse du Conseil des arts du Canada. Après avoir obtenu cet argent, -qui comprenait un montant additionnel pour voyager- Mark Prent a décidé de contacter l'artiste Edward Kienholz, vivant à Los Angeles. 

Edward Kienholz a demandé au jeune Mark Prent s'il pouvait lui envoyer des images de son travail. L'artiste de Los Angeles l'a ensuite contacté quelques semaines plus tard pour lui dire qu'il aimait son travail et qu'il pouvait venir le visiter quand il voulait.
Mark Prent et Edward Kienholz se sont bien entendus dès le départ. Kienholz vivait alors dans une maison cossue située à Laurel Canyon, qui était au sommet d'une route sinuant une montagne. De sa demeure, on pouvait voir un épais brouillard surplombant la ville; sans pour autant pouvoir discerner la ville de Los Angeles qui se trouvait pourtant à seulement quinze minutes de là. 


Après quelques temps, Edward Kienholz -qui avait fait rencontrer à Mark Prent de nombreuses personnes influentes dans le milieu de l'art- lui a parlé d'une subvention très intéressante dont il avait lui-même bénéficié, à Berlin. Et c'est comme ça que Mark Prent est parti vivre à Berlin...

 À suivre...

Image 1:  Juggernaut, Mark Prent, 2015, Mixed media, Forton & fiberglass, Image 2: Subsumed, Mark Prent,  2014, Mixed media, silicone and Forton, Image 3: The State Hospital, 1966, Edward Kienholz












vendredi 1 mai 2020

Mark Prent: (partie 1) L'art sans compromis...


                                                                    
Mark Prent a débuté sa carrière au Québec dans les années 70. Il a introduit à cette époque une vision sombre et inquiétante de l'art, qui contrastait avec la sérénité béate qui était en vogue dans les événements et les expositions. On voulait faire entrer son travail dans un moule, le rendre conforme à l'idée que l'on se faisait de l'art à ce moment, mais l'artiste a choisi de pratiquer son art sans compromis. Une période d'ailleurs assez frustrante et difficile pour Mark Prent, car il était appelé à justifier sans cesse son travail auprès des médias. 
  
Les débuts de Mark Prent en sculpture
Les débuts de la carrière de Mark Prent ont influencé la direction qu'il a prise ensuite, et celle qu'il prend d'ailleurs toujours aujourd'hui. En 1970, il a gradué de la Sir George Williams University (aujourd'hui l'Université Concordia) à Montréal. Durant les trois premières années de ses études, il a surtout travaillé la gravure, puis c'est lors de sa troisième année d'études qu'il a commencé à se tourner vers la sculpture.
''Lorsque j'ai commencé en sculpture, j'ai eu beaucoup de difficulté à trouver un ''point de départ.'' Je croyais que j'allais être bon dans ce cours, mais en vérité ça a très mal commencé...''
Dans tous ses autres cours, (peinture, dessin, gravure, etc.) l'élève réussissait plutôt bien. Toutefois, dans son cours de sculpture Mark Prent avait pris beaucoup de retard sur les autres élèves. Puis un jour, il est entré dans un magasin de surplus de l'armée...

L'objet fétiche qui l'a inspiré...

''J'ai acheté un masque à gaz de la Première Guerre mondiale, avec un tube puis un filtre. Je l'ai acheté simplement parce-qu'il me plaisait en tant qu'objet, sans aucune autre raison.'' Mark Prent s'est ensuite rendu à l'un de ses cours de sculpture avec le masque à gaz dans son sac. L'artiste a alors réalisé que le masque, étant fait de caoutchouc, pouvait être recouvert de plâtre.
Mark Prent a donc commencé à travailler le masque en s'inspirant de ce que faisaient les autres élèves de sa classe, car il n'avait lui-même jamais fait de moulage jusque là. ''J'ai fais un mélange de plâtre, et je l'ai versé à l'intérieur du masque. Je savais que le plâtre n'allait pas coller au caoutchouc, et le résultat m'a semblé très impressionnant! Cela ressemblait à un visage. Ce n'était pas complètement abstrait, mais ce n'était pas non plus un visage très réaliste, plutôt comme une sorte d'Alien, mais pas du tout un Alien conventionnel. ''


''Tout le travail que j'ai fais ensuite a été inspiré par des objets. Au lieu d'avoir une idée, je trouve un objet que j'aime, puis éventuellement, une idée naît de cet objet...''

À suivre le mois prochain...

Ichthymorph Redux” 2017 Mixed media, polyester resin and fiberglass
A Little Restraint” 2016 Mixed media, silicone and fiberglass.




lundi 6 avril 2020

Philippe ''Morbidique'' Mayer: Entre l'obscurité et la lumière, ou des peintures qui racontent des histoires...

Philippe ''Morbidique'' Mayer travaille le clair-obscur. Il crée des zones d'ombre pour faire apparaître des contrastes. Des variations entre l'obscurité et la lumière. Ses camaïeux racontent des histoires, et ils nous transportent aussi dans des univers entre le bien et le mal, entre la beauté et la laideur. Entretien avec un artiste qui peint des portraits d'un réalisme stupéfiant dans des univers surréalistes.
Les étapes de création de l'artiste
Philippe ''Morbidique'' Mayer utilise l'acrylique, l'encre, le collage et le fusain. J'ai demandé à l'artiste de me parler de ses étapes de création : ''Chaque oeuvre, remplie de fantasmes, de contrastes et d’irréalisme décrit un moment théâtral de mon imaginaire. Je cherche des éléments symboliques qui vont me permettre de communiquer mon message et je «sketch» rapidement pour créer une ambiance.''
Philippe Mayer place ses sujets principaux à l’aide de fusain sur la toile. Il peint la plupart du temps à l'acrylique, mais il a aussi besoin de changer de médium à l'occasion.'' J'estime que c'est obligatoire, dans mon cas, afin de me renouveler et aussi pour éviter une certaine redondance.''


 Animaux, nature et clair-obscur
À travers ses oeuvres, Philippe Mayer parle notamment de la survie de l'espèce, et les animaux occupent une place importante dans son travail. ''Je suis originaire d'Amos en Abitibi, et ça fait presque 25 ans que je suis à Montréal. C'est pourquoi la nature, les animaux et la survie ont une grande place dans mes oeuvres.''

Entre le rêve et la mythologie...
En ce moment, Philippe ''Morbidique'' Mayer travaille sur une série de peintures qui raconte une légende Algonquine, ''Le Grand Lièvre''. ''Une genèse du monde où le rêve et la mythologie se mêlent''. Pour créer cette nouvelle série, l'artiste dit avoir été influencé par le psychanalyste Carl Jung. 


On peut suivre le travail de l'artiste sur sa page facebook et au www.xlartmtl.com car il est aussi le co-organisateur de l'événement XL. ''L'origine des expositions XL à Montréal a pris racine en 2011 au sein d'une petite collectivité d'artistes locaux. Le but était d'encourager ces artistes à réaliser des oeuvres picturales plus grandes que nature, celles-ci comparables aux collections de genre muséal. Elles ont porté le nom d'expositions ''de taille'' et ''de type colossale'', grandissant à chaque fois en qualité et en nombre d'exposants. Au terme de ses quatre éditions, cette biennale est devenue un incontournable dans le domaines des événements artistiques'' 



Suggestions musicales
Puisque la musique demeure pour plusieurs artistes un élément clé dans leur processus de création, j'ai choisi de terminer mes chroniques avec les suggestions musicales des artistes. 
Philippe ''Morbidique'' Mayer m'a parlé des Pixies, de Beck, Slayer et de Iggy Pop and the Stooges. 


 

lundi 2 mars 2020

Steve Otis: un paradoxe visuel entre l'art abstrait et l'art réaliste

                                                                              Theet, mixed medias, 2012

 
Steve Otis a toujours été fasciné par les peintures religieuses dans les églises. Quand il était petit, ces images sanglantes ont certainement éveillé sa passion pour le Dark Art. Un peu plus tard, il a commencé à s'intéresser à des magazines tels que Creepy et Eerie dans les années 70. Entretien avec un artiste qui peint ce qui le fait frémir, pour mieux repousser ses peurs dans les recoins les plus sombres de son esprit. 
 
Entre l'art abstrait et l'art réaliste
 
Le travail de Steve Otis se situe entre l'art abstrait et l'art réaliste. Des variations de couleurs se mêlent au graphisme bien défini de ses personnages, surgissant parfois d'un recoin d'ombre pour 
nous surprendre. '' Un type de paradoxe visuel ou l'abstrait vit avec la même intensité que le réalisme, à travers des sujets plutôt dark''. 
 
                                                                  Erotomaniac, Huiles à base d'eau, 2018
 
 
La beauté dans le grotesque
 
Steve Otis s'est toujours senti inspiré par tout ce qui est laid et repoussant. '' J'ai toujours trouvé 
une beauté dans le grotesque, et cela depuis ma plus tendre enfance.'' L'iconographie religieuse est aussi à la base de son travail, et les représentations d'un acte barbare -la crucifixion- hypnotisent son oeil depuis son plus jeune âge.
 
''Cet univers glauque me fascine. Il peut y résider nos plus grandes peurs, et quand on les met sur la
toile elles deviennent inoffensives et elles ne résident plus que dans les recoins les plus sombres de
notre cerveau.'' 
 
                                                                 A Taste of Milk and Honey, acrylique, 2016
 
 
Le Live Painting, un must pour l'artiste!
 
Steve Otis vend ses œuvres à travers plusieurs continents et dans divers pays tels que l'Australie,
l'Italie, la Malaisie, les États-Unis, la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne. Il a participé à
plusieurs expositions et à divers événements. J'ai voulu savoir lequel de ces événements l'avait le 
plus marqué: ''Le genre d'événement que je préfère, c'est le Live Painting. À chaque été, il y a un événement de ce genre au bar les Foufounes Électriques à Montréal. On y peint entre artistes et à la fin nos œuvres sont mises aux enchères.''
 
                                                           Into the Void,  acrylique, 2016
 
 
Le Dark Art : une véritable thérapie
 
Steve Otis a l'habitude de débuter ses œuvres sans faire aucun croquis. Même s'il a une idée au 
départ du sujet ou de la thématique, il aime laisser les images apparaître sur la toile. '' Je commence toujours par un fond texturé et abstrait.''L'artiste réalise aussi des portraits, mais pour ce type de peintures il travaille avec une esquisse très précise ''...car il doit évidemment y avoir une ressemblance''. 
 
''Pour moi l'étape la plus amusante, c'est lorsque je commence à fondre les couleurs sur la toile et que je n'ai pas à penser à la lumière ou à d'autres aspects. Je laisse le geste me mener librement...c'est presque thérapeutique!'' 
 
                                                                         Eat me Alive, mixed media, 2016
 
 
Dans les prochains mois, Steve Otis prévoit s'éloigner des expositions pour être davantage présent sur les réseaux sociaux. ''Pourquoi s'exposer dans une galerie qui demande 50% du prix de vente quand tu peux atteindre plus de 10 000 personnes sur les réseaux sociaux? ''
 
On peut suivre le travail de Steve Otis ici: https://productionsmaeve.com/   Facebook : https://www.facebook.com/productionsmaeve/

lundi 3 février 2020

Sien-Sébastien: explorer l'inconscient et le monde des rêves

                                                         Couronne éclairée de l'intérieur, huile sur toile, 2017


À mi-chemin entre le surréalisme et le cubisme, Sien-Sébastien explore l'inconscient et le monde des rêves. Il crée des compositions abstraites, multipliant les différents points de vue sur la toile. Entretien avec un artiste dont les oeuvres déstabilisent les constructions logiques de l'esprit, en plongeant dans l'univers de l'étrange et de l'obscur. 

Des couleurs pures, sur mesure

Sien-Sébastien identifie d'abord les tonalités dont il aura besoin afin de réaliser une œuvre, puis il prépare lui-même ses mélanges de couleurs avant de remplir ses propres tubes. 




''Je préfère la peinture à l’huile parce qu’elle sèche très lentement, ce qui me permet de travailler une partie d’une oeuvre pendant un grand laps de temps. J’aime la pureté des couleurs, et je trouve aussi que la peinture à l’huile est plus solide que les autres, lorsqu’elle est sèche; ce qui est bon pour la conservation des oeuvres.''

Sien-Sébastien apprécie aussi la peinture à l'huile car elle lui permet de travailler plusieurs œuvres à la fois : ''Je travaille mes oeuvres par couches superposées, et je laisse sécher entre chaque couche. C’est pourquoi je travaille plusieurs tableaux à la fois.''


                                                            Paroxysm, Huile sur bois de bouleau russe, 2016


La peinture : une révélation

Sien-Sébastien dessinait déjà beaucoup quand il était enfant, mais c'est à l'adolescence qu'il a découvert la peinture. '' Une révélation pour moi! En touchant à la peinture, j’ai su tout de suite que c'était ce que je voulais faire de ma vie.''

Hormis la peinture, l'artiste a aussi touché à la sculpture et à la photographie.

                                                                      Trémulation, huile sur toile, 2015

Un mode de travail très instinctif

Lorsque vient le temps de débuter une œuvre, Sien-Sébastien commence par tracer une ligne, sans trop savoir d'avance ce qu'il adviendra de ce trait. ''Je laisse le pinceau se promener, et quelque 

chose vient ensuite à prendre forme. C’est pourquoi plusieurs de mes oeuvres sont abstraites; rien de concret n’est apparu.''


                                                                         Entropie, huile sur toile, 2016

Entropie : l'œuvre favorite de l'artiste

J'ai demandé à Sien-Sébastien s'il y avait une œuvre qu'il avait toujours préféré, entre toutes ses créations. Voici ce qu'il m'a répondu : '' Entropie est pour moi mon meilleur tableau a vie, c’est une oeuvre synthèse où on y retrouve plusieurs éléments se rapportant à différentes périodes de ma création, c’est un très gros tableau que j’ai travaillé échelonné sur plus d’une décennie, il marque la fin d’une importante période de ma vie. ''


On peut suivre le travail de Sien-Sébastien ici: www.siensebastien.com
 

Suggestions musicales

Puisque la musique demeure pour plusieurs artistes un élément clé dans leur processus de
création, j'ai choisi de terminer mes chroniques avec les suggestions musicales des artistes.
Sien-Sébastien écoute souvent de la musique en travaillant, surtout du métal. Il m'a parlé
de Morbid Angel, Death et Bolt Thrower. 





mercredi 1 janvier 2020

Marie-Pier Lapointe: une célébration de l'étrange et de l'obscur

                                           Les Gardiens, (Fear of the Dark) acrylique sur toile, 2011


À travers ses œuvres, Marie-Pier Lapointe célèbre l'étrange et l'obscur. Elle dose les lueurs et les ombres sur la toile pour créer des lieux marqués par une histoire, une ambiance. Elle peint des endroits frappés par la présence d'un esprit, ou de quelque-chose qui ''...aurait une sorte
d'influence sur notre perception et nos conceptions''. Entretien avec une artiste qui se dit fascinée par la noirceur ''...car elle ne laisse pas tout percevoir: elle laisse deviner''.
 
 
De la peinture à l'huile à la peinture acrylique 
 
Marie-Pier Lapointe dessine depuis qu'elle a l'âge de tenir un crayon. Elle a d'abord appris les
rudiments de la peinture à l'huile, vers l'âge de onze ans. Elle appréciait ce médium pour sa malléabilité et sa grande richesse. Elle a ensuite commencé à travailler avec la peinture acrylique, surtout pour des raisons d'ordre pratique. 
 
''À l’Université Laval, les ateliers alloués aux étudiants en Arts visuels n’étaient pas équipés de ventilation adéquate, et les professeurs m’ont suggéré d’éviter les solvants (et donc la peinture à l’huile) et de privilégier la peinture acrylique. Je me suis rapidement mise à trouver la peinture acrylique plus pratique, plus économique, et elle me permettait tout autant d’arriver à mes fins. 
Avec le bon médium, l’acrylique peut être aussi malléable que l’huile, mais elle sèche
beaucoup plus rapidement.''
 
                                                                       Emprise, acrylique sur toile, 2011
 
 
 Les animaux : une source d'inspiration pour l'artiste
 
Marie-Pier Lapointe peint des paysages lugubres, des spectres, des ambiances vaporeuses et
aussi des animaux. '' Je pense que nous avons beaucoup à apprendre sur nous-même en
admirant les autres espèces.'' Elle estime aussi que nous devrions faire preuve de plus de considération à l'égard des animaux; nos semblables. 
 
''Je crois qu’on oublie trop souvent que les êtres humains sont des mammifères. Nous sommes littéralement des animaux comme les autres.''
 
 
                                                    Châtiment divin, acrylique sur toile, 2019
 
 
 Le fascinant monde de l'étrange et de l'obscur
 
Marie-Pier Lapointe est fascinée par le monde de l'étrange et de l'obscur : '' L’étrange, le
repoussant et l’obscur font partie de la vie et il faut également les célébrer. Il faut apprendr
à cohabiter avec le monstrueux, qui est partout, et en premier à l’intérieur de nous. ''
 
                                                               Raptors Riders, acrylique sur toile, 2018
 
 
Marie-Pier Lapointe a eu la chance de découvrir les rudiments de la peinture à l'huile lors d' un
séminaire intensif de deux jours. L'artiste a commencé par peindre des portraits; la peinture lui
apportait un grand sentiment de liberté. Par la suite, elle s'est vue inspirée par ''... les romans et
les films qui exploitent des thèmes reliés à l’existence d’un esprit ou d’ une mémoire du lieu''
ce qui lui a permis de se mettre à explorer le style sombre et vaporeux qu'on lui connaît. 
 
 
Le travail d'artiste 3D : un métier qui rejoint tous ses centres d'intérêts
 
L'artiste possède un baccalauréat en arts visuels et médiatiques, et elle a aussi complété une 
formation en animation 3D. Marie-Pier Lapointe a découvert l'art numérique lors de son passage 
su Cégep de Jonquière, durant son DEC en arts plastiques. Toutefois, elle n'a pas été attirée d'emblée par ce médium : ''Je préférais de loin les médiums traditionnels et je rêvais d’enseigner le
dessin avec des crayons et du papier.'' 
 
Un ami lui a soumis l'idée d'entreprendre des études en animation 3D lors d'une période de
questionnements de l'artiste par rapport à sa carrière. ''Mon bagage en arts visuels me donnait
une aisance qui m’a permis de me concentrer sur la technique et de progresser
assez rapidement.''
 
Aujourd'hui, Marie-Pier Lapointe travaille chez Connexence, où elle développe avec son équipe des simulations en réalité virtuelle; à l'instar de simulations d’extinction d’incendies et de simulations d’accidents graves, pour créer des outils pédagogiques novateurs favorisant l'intégration des compétences. ''Mon goût pour les images crues, ma créativité, ma passion pour l’enseignement, l’animation 3D et les arts visuels, tout est mis à profit. Je n’ai pas besoin de vous dire à quel point j’aime ma job !'' 
 
                                                                    The show must go on, acrylique, 2017
 
 
 La multiplication des passions et des intérêts
 
Marie-Pier Lapointe a plusieurs passions et une multitude de centres d'intérêts, et dans la prochaine
année son souhait est de se remettre à peindre. ''Le problème quand on multiplie les passions
et les intérêts, c’est que le temps, lui, ne se multiplie pas. Avec le travail d’artiste 3D, les amis, le bonheur à la maison, il faut que je trouve le temps d’avoir des moments privilégiés dans mon atelier. J’ai plusieurs toiles en cours depuis un certain moment, qui m’attendent…''
 
L'artiste a également illustré des pochettes d'albums pour des bands locaux dans les dernières années, et elle espère bien avoir encore d'autres projets de ce genre. 
 
On peut suivre le travail de Marie-Pier Lapointe ici: https://www.facebook.com/Lapointe88/
                                                                                    https://www.artstation.com/m4ro0
 
 
Suggestions musicales
 
Puisque la musique demeure pour plusieurs artistes un élément clé dans leur processus de création, j'ai choisi de terminer mes chroniques avec les suggestions musicales des artistes.
 
Marie-Pier Lapointe trouve qu'il y a de la bonne musique dans tous les styles, mais elle affectionne particulièrement le death metal. Elle m'a parlé d'Outre-Tombe, (le band de son amoureux Ulysse) de Uriah Heep, de W.A.S.P. et de Ashbury
 

dimanche 1 décembre 2019

Rottenz: des créatures d'outre-tombe dans le polymère, le bois et le métal

Abduction, polymère sur armature, bronze, cuivre et acier, 2013

Rottenz a eu la piqûre pour l'univers de l'horreur et de l'étrange très jeune, quand il a regardé son tout premier film d'horreur: Le triangle des Bermudes.  Rottenz a commencé à créer dès l'âge de cinq ans en utilisant de la pâte à modeler. Il a ensuite découvert le papier mâché, puis finalement le polymère; qui est vite devenu son matériau de prédilection. Entretien avec un artiste qui utilise le polymère, le bois et le métal afin de donner vie à son univers peuplé de personnages obscurs et étranges.


Le polymère : une pâte malléable et très versatile 
 
Rottenz apprécie particulièrement le polymère, car il s'agit d'un matériau qui ne sèche pas lorsqu'il est exposé à l'air; ce qui permet à l'artiste de le modifier à sa guise durant tout le processus de création. À l'instar de la céramique, le polymère a besoin d'être chauffé.

''À l’époque, le matériau s'est imposé de lui-même; étant en appartement avec très peu d'espace pour créer. J'ai fais des recherches afin de trouver le matériau qui me convienne, et j'ai découvert la pâte de polymère, que j'ai adorée dès le premier essai! ''

Rottenz a également l'habitude de concevoir lui-même ses propres outils pour travailler la matière. 
''J'aime bien développer mes propres techniques et chaque pièce a son propre besoin d'outils
spécifiques. Dépendamment de la texture voulue, je fabrique moi-même ce dont j'ai besoin.''

                                                                    Chtulhu, polymère sur armature, 2014

Au gré de ses inspirations...

Même si, en général, Rottenz ne puise pas son inspiration dans le cinéma d'horreur; il s'agit néanmoins de l'élément qui a marqué son imaginaire d'enfant au point de lui donner envie de créer ses propres créatures horrifiques.


''Souvent je m'inspire de faits réels : un mot, un thème ou une chanson. Je cogite ensuite le tout dans ma tête. Mon processus créatif est lent, mais ça me permet d'évaluer si l'idée en vaut la peine.''

Avant de débuter une œuvre, Rottenz n'a pas l'habitude de faire un plan ou un inventaire précis des
matériaux qu'il souhaite utiliser. ''Je travaille avec très peu d'esquisses, et lorsque je le fais, elles ne sont pratiquement pas définies.''

                                                            Vigilis, polymère sur armature de bois et fer, 2019

J'ai demandé à Rottenz de me dire quelle est la partie de son travail qu'il préfère: ''Définitivement le moment de passer à la peinture et aux vernis, puisque c'est à cette étape que la sculpture prend vie.'' 

Une fonderie pour reproduire ses oeuvres 


En ce qui a trait aux projets à moyen terme et à long terme de l'artiste, une fonderie pourrait bien voir le jour sous peu dans sa demeure : ''Je fais déjà beaucoup de reproductions pour mes pendentifs (bijoux) mais j'aimerais bien avoir ma petite fonderie à la maison pour faire la même chose avec mes sculptures.''

 On peut voir les bijoux créés par Rottenz ici: https://www.etsy.com/fr/shop/Rottenz

                                            Projet 13, polymère sur armature, bois et matériaux recyclés, 2019

 Suggestions musicales

Puisque la musique demeure pour plusieurs artistes un élément clé dans leur
processus de création, j'ai choisi de terminer mes chroniques avec les suggestions
musicales des artistes.

Rottenz m'a parlé de Ozzy, Motorhead et de D.R.I.